24 Heures

06 octobre 2008

Centrale à gaz des SIG: pas de dogmatisme SVP

En mai de cette année, je titrais "Les Radicaux genevois s'opposent à un projet de développement" et tirais à boulets rouges sur leurs contradictions, citant leur opposition au projet de centrale à gaz des SIG, à leurs yeux "pas assez écolo", et l'initiative radicale anti-droit de recours des associations.

Alors là je dois tirer mon chapeau aux Radicaux genevois qui ont décidé de s'opposer à cette initiative obscurantiste. Bravo! Voilà qu'ils se démarquent clairement de leurs camarades restés au 20e siècle, et c'est encourageant de voir un parti de droite moderne capable d'envisager une économie à la fois forte et respectueuse de l'environnement.

En revanche, je dois critiquer les mêmes Radicaux et les Verts genevois pour leur opposition au projet de centrale à gaz des SIG. De la pseudo-écologie et une erreur dogmatique regrettable.

Comme le dit M. Roch, ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement et membre du PDC: ce projet est objectivement bon pour le climat et la qualité de l'air en ville. Je le félicite pour sa prise de position et je partage son analyse, que j'appuie en tant que professionnel de la quantification des impacts environnementaux.

SVP, camarades Vert-es du bout du lac: ne vous enfermez pas dans une position de principe par dogmatisme. Ce projet doit être complémentaire à une stratégie de réduction de la consommation électrique et de conversion vers le tout renouvelable. Mais le marché de l'électricité est ouvert en Europe. Il y a au moins 1000 centrales européennes qui mériteraient d'être fermées avant de considérer l'arrêt d'une centrale à cogénération à gaz. Si celle des SIG n'est pas construite, alors les Genevois achèteront un peu plus d'électricité au charbon.

25 août 2008

Mauvaise traduction de l'initiative des Jeunes Vert-es sur les véhicules non respectueux?

La version allemande semble troubler certains personnes, comme le président du comité d'opposition à l'initiative, municipal à Bienne et membre du parti des automobilistes, Jürg Scherrer. En effet, les valeurs au minimum acceptables comme seuil d'homologation proposées par l'initiative (limite maximale d'émission de CO2 par km, par exemple) pourraient être interprétées par certaines comme des limites minimales!

Si l'esprit de l'initiative n'était pas clair, on pourrait avoir un doute, effectivement. Mais non seulement l'esprit est clair, mais l'article proposé (art 82a, al 2) est limpide sur la nécessité d'imposer une limite maximale.

Conclusion: lorsque les seuls arguments des opposants, défenseurs de la liberté de polluer, portent sur des détails de la formulation du texte, on mesure la vacuité de leur inspiration. Voilà qui est rassurant pour les initiants!

22 mai 2008

Un conducteur de gros 4x4 agresse des manifestants à vélo

A moins que ce soit l'inverse, mais c'est une question de perception. En tout état de cause, le 24 Heures du 20 mai relate l'effroyable aventure de ce médecin qui s'est retrouvé bloqué, au volant du 4x4 flambant neuf de sa femme, dans une manifestation antivoitures de militants écologistes.

Il dit: "Je me suis retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment".

Mais je pose la question: en tant que privé, à Lausanne, est-ce qu'il y a un bon endroit ou un bon moment pour rouler en gros 4x4?

Ce que les militants écologistes essaient de lui dire, mais visiblement il a de la peine à le comprendre, c'est que NON! Il n'y a PAS de bon endroit ni de bon moment pour rouler en 4x4 à Lausanne, ni dans n'importe quelle ville suisse! Pour un particulier, c'est juste aberrant de le faire, dans toutes les villes, tout le temps.

Ce genre de véhicule trop polluant et trop dangereux pour les autres usagers doit être réservé aux professionnels qui en ont vraiment besoin. Pour le reste, c'est inadéquat. Inutile de rappeler le contexte de crise pétrolière et climatique qui renforce la nécessité de bannir ces véhicules.

Je rappelle à ce sujet l'initiative des Jeunes Vert-es suisses pour des véhicules plus respectueux des personnes: www.mobilitehumaine.ch.

17 mai 2008

Les Radicaux genevois s'opposent à un projet de développement

Les Radicaux suisses maintiennent, par contre, l'initiative contre le droit de recours des associations utilisé contre les projets de développement.

Voyons cela de plus près.

Les Radicaux dénoncent l'attitude des associations qui "empêchent tout développement". Attitude consistant à faire systématiquement, selon eux, opposition à tout projet en raison de ses diverses atteintes: à la qualité de l'air, aux équilibres thermiques des rivières (rejet d'eaux de refroidissement), ou dues à l'usage de substances polluantes, etc.

Les Radicaux préfèreraient qu'on puisse favoriser la croissance économique en faisant du "développement". Avant les élections de l'année passée, ils ajoutaient l'adjectif "durable", mais aujourd'hui ce n'est plus la peine.

Maintenant, à Genève, c'est amusant: les Radicaux s'opposent à un projet de développement au Lignon: celui d'une centrale chaleur-force à gaz (donc qui permet de produire de l'électricité et de valoriser la chaleur résiduelle). Ce type de centrale est le moins mauvais possible parmi les systèmes utilisant une ressource fossile. Mais évidemment, il n'a pas les avantages du renouvelable.

Ils s'opposent au projet pourquoi? Parce qu'il porte atteinte à la qualité de l'air des Genevois et à l'équilibre thermique du Rhône, et nécessitera l'usage de substances polluantes!

Permettez-moi de me gausser une fois de plus du manque de cohérence du PRD, qui décidément ne sait plus où il va, ce qu'il fait, à qui il s'adresse. Mais surtout de souhaiter l'arrivée du PRD au 21e siècle: nous avons besoin en Suisse d'une droite respectable forte et moderne, défendant une économie environnementalement saine. Vivement du renouvellement au sein du vieux parti...

12 mars 2008

Des milliards non investis dans des projets bloqués, à qui la faute?

Les Radicaux, dispersés dans leur incontrôlable descente en vrille, ont attaqué le droit de recours des associations écologistes. Motif: ces recours bloqueraient des milliards de francs dans des projets de développement.

Le fait que cela puisse être des projets de mal-développement, concept qui, malgré l'état du monde, échappe encore à la vaste majorité de la Droite, pourra être discuté ailleurs.

Concentrons-nous sur les milliards bloqués.

Les Verts proposent depuis des années, des décennies, d'investir dans le développement des énergies renouvelables. Ces énergies sont de grandes pourvoyeuses d'emplois locaux: elles emploient en général cinq fois plus de personnes par unité d'énergie produite. Cela les rend plus chères, mais l'argent est injecté dans l'économie locale et non dans les pays producteurs de pétrole. Il y a des milliards à gagner en développement les technologies propres et en prenant notre part sur ce juteux marché mondial.

Pourquoi ABB n'est pas leader en éoliennes? Où sont les fleurons industriels helvétiques sur le marché des énergies renouvelables? Que fait l'économie suisse? C'est le néant! Quel manque de vision stratégique!

Idem en ce qui concerne l'économie d'énergie: des milliers de plombiers, couvreurs, installateurs en bâtiment, fabricants et installateurs d'isolation ou de panneaux solaires attendent qu'on leur ouvre le marché du bâtiment économe. La droite souhaite-elle créer ces emplois, développer le tissu des PME qui rendront nos bâtiments plus économes? Non, elle préfère bloquer la proposition des Verts de rendre tous les bâtiments Minergie ou équivalents!

Lutter contre les quelques recours écologistes sous le prétexte de débloquer des projets ponctuels, alors qu'on freine des quatre fers contre le développement d'un marché au potentiel aussi gigantesque que celui des technologies propres, voilà qui frise le ridicule! Avec une vision à ce point au raz des pâquerettes, les Radicaux sont tombés bien bas.


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Précisons que les recours écologistes représentent une part infime de l'ensemble des recours et qu'ils sont pratiquement toujours gagnants, ce qui prouve qu'ils sont formulés à juste titre. C'est la Confédération qui a donné pour mission aux associations, dans les années 70 - 80, de faire appliquer le droit environnemental à la place des Cantons, car si la Droite a accepté des contraintes écologiques, il ne fallait tout de même pas que ça coûte quelque chose! Le rôle du droit de recours se joue souvent dans les discussions et adaptations du projet, qui ont lieu avant le retrait du recours. Ce mode de faire constructif, de plus en plus courant, n'est hélas rendu possible que par ce droit de recours: sans ce droit, les associations environnementales ne sont tout simplement pas écoutées.

23 janvier 2008

Tri des déchets: la tête dans le sac

Je ressors un texte que j'ai publié en juillet 2007 et qui est soudainement d'actualité...

Tout le monde est d'accord qu'une véritable politique de durabilité en matière de déchets doit passer par une réduction de leur quantité et un tri poussé à la source, permettant une meilleure valorisation des déchets (recyclage, biométhanisation, incinération avec récupération de la chaleur). Cela est nécessaire pour préserver les ressources non renouvelables et le climat de notre planète, même la droite s'en est gargarisée avant les élections.

Il est également admis que la meilleure façon d'encourager les ménages à trier leurs déchets de façon optimale consiste à mettre un bonus financier à la clé. Il est logique et équitable que l'effort soit ainsi récompensé pour les personnes de bonne volonté.

Cette récompense doit être sensible et immédiate. Si elle est diluée sur l'ensemble de la population, y compris sur les personnes qui ne font aucun effort, et dans le temps, repoussée d'une ou deux années fiscales, cette récompense perd sa substance et son effet, elle ne sert à rien, absolument à rien.

Or c'est ce que vont faire les communes de Lausanne Région - hors Lausanne et Renens: une taxe forfaitaire sur les poubelles! Vous avez pris des habitudes écologiques, vous ne produisez qu'une poubelle d'incinérables par semaine? Tant pis pour vous, vous allez raquer comme tout le monde. Vous vous en balancez, la fin de vie de vos achats ne vous regarde pas? Grand bien vous fasse, vous pouvez continuer sans autre!

En matière de non-application du principe de pollueur-payeur et d'immobilisme sur le chemin de la durabilité, les 24 communes de la région lausannoise nous ont pondu un petit bijou. On se réfugie derrière le risque de tourisme des sacs-poubelle, risque qui n'existe que tant que certaines communes refusent d'appliquer une taxe au sac efficace! Un prétexte masquant mal une sacrée dose de mauvaise volonté.

La taxe poubelle forfaitaire est une aberration totalement inutile, une poudre aux yeux qui ne peut avoir l'assentiment des personnes se préoccupant sérieusement de résoudre le problème des déchets dans une société qui en produit toujours davantage. Au contraire d'une taxe au sac dont l'effet incitatif est brillamment démontré dans d'autres cantons, et qu'il est facile de rendre socialement acceptable, par exemple en offrant des sacs aux familles qui viennent de s'agrandir.

La taxe forfaitaire est une ineptie dont la contradiction est représentative du discours bourgeois en matière de développement durable, et contre laquelle, en tant que Vert, je m'opposerai vigoureusement.

21 janvier 2008

Simplifier la TVA? Surtout pas!

Le Conseiller fédéral Merz voudrait simplifier la TVA. L'intention est louable, mais ce n'est absolument pas la chose à faire actuellement!

En entrant dans le 21e siècle, nous devons réformer notre système économique et utiliser les outils fiscaux qui sont à notre disposition pour réorienter les mécanismes économiques vers un fonctionnement plus propre.

En effet, aujourd'hui être écologique coûte plus cher à un entrepreneur que de ne prendre aucune mesure, les économies d'énergie demandent des investissements qui ne sont pas toujours assez rentables. Les particuliers ne sont pas encouragés à modifier leur comportement, mode de transports, type d'éclairage, etc car l'avantage financier n'est pas intéressant.

La TVA peut servir d'instrument fiscal écologique. Et même social. Pourquoi ne pas proposer de supprimer la TVA des produits biologiques ou issus du commerce équitable? Pourquoi ne pas permettre aux entreprises certifiée ISO 14001 d'appliquer une TVA plus faible?

Ceci serait bien entendu compensé par une hausse de la TVA pour les produits non respectueux des valeurs que nous voulons promouvoir pour traverser ce nouveau siècle. Pas question pourtant de rendre kafkaïen le système de taxation: les labels ou certifications reconnus comme donnant droit à une exonération n'ont pas besoin d'être réinventés.

Ce n'est donc pas le moment d'appliquer une TVA unique, c'est au contraire le moment d'utiliser cet instrument de façon intelligente pour que l'économie prenne également une voie intelligente.

06 janvier 2008

Bio-pétrole, charbon de bois et séquestration du CO2

Il existe un moyen d'exploiter les forêts, améliorer la qualité du sol de certains pays, produire du carburant neutre en carbone tout en retirant du CO2 de l'atmosphère!

Voilà qui ressemble à une solution miracle, mais voyons de plus près de quoi il s'agit.

La pyrolyse du bois (décomposition à haute température à l'abri de l'oxygène) permet d'obtenir un spectre de molécules organiques allant du méthane et autres gaz à de grosses molécules lourdes huileuses proches de celles qu'on trouve dans le pétrole, et laisse comme résidu du charbon de bois.

Les gaz peuvent être utilisés pour le chauffage ou comme carburant. Les molécules lourdes également, mais aussi dans la pétro-chimie. Le charbon de bois, plutôt que d'être brûlé, peut trouver une application marchande beaucoup plus intéressante d'un point de vue écologique: broyé en fins granulés, il peut enrichir les terres trop sèches, trop sablonneuses.

En effet, la porosité du charbon de bois piège l'humidité et les nutriments lorsqu'ils sont abondants et peux les restituer en période plus sèche. Il faut savoir que le charbon de bois n'est pas biodégradable - les traces des premiers foyers humains datant de 100'000 ans et plus nous l'attestent, si besoin était. L'adjonction de charbon de bois broyé peut donc améliorer de façon significative et durablement la fertilité du sol. Parallèlement, le carbone qui constitue ce charbon se retrouve piégé dans le sol et n'est pas libéré dans l'atmosphère sous forme de CO2.

Le processus venant d'arbres ayant crû en absorbant du CO2, nous nous retrouvons avec un retrait net de CO2 de l'atmosphère. L'ensemble peut être rentable financièrement autant qu'énergétiquement, ce qui constitue sans doute le premier business model carbo-négatif viable.

Tout cela est bien beau, mais il est capital de s'assurer que le bois entrant dans le système est issu de forêts gérées de façon durable (par exemple selon les critères FSC). Il serait catastrophique de couper des forêts primaires pour cela!

Par ailleurs, le marché pour le charbon de bois en tant qu'améliorateur de sol pourrait se révéler immense et profitable. Pensez à l'immensité des régions autrefois couvertes de forêts et aujourd'hui érodées qui pourraient en profiter, de la Grèce à l'Iran en passant par l'Australie, la Californie et l'Espagne.

Cette technique prometteuse mérite d'être connue et pourrait prochainement faire parler d'elle comme composante majeure de la solution aux problèmes énergétiques et climatiques de l'avenir proche.

Je vais ajouter bientôt quelques liens et références à cet article... 

23 novembre 2007

Interdire les voitures les plus polluantes? Et la liberté, alors?

L'initiative populaire fédérale des Jeunes Vert-es suisses (www.mobilitehumaine.ch) demande que les voitures dépassant la limite de 250 g de CO2 par km ne puissent plus accéder au marché Suisse.

Notez, vous serez d'accord, que le fond est plutôt convaincant: le changement climatique menace sérieusement et le pétrole approche dangereusement de la déplétion. Par ailleurs, il est connu que, dans les pays occidentaux, le trafic routier privé est responsable d'environ 15% des émissions de gaz à effet de serre. Cette initiative est donc plutôt adéquatement ciblée.

Or voilà: c'est une affreuse atteinte à la liberté de polluer! Certaines personnalités l'affirment: le droit de faire le beau dans un gros 4x4 (par exemple) est un droit fondamental qui doit être préservé à tout prix!

Laissez moi affirmer que cette attitude n'est pas défendable deux secondes: quand on défend cette liberté, on bafoue une quantité d'autres libertés comme celle de disposer d'une planète pas complètement saccagée, celle de pouvoir évoluer dans un environnement urbain convivial et non agressif ou celle de respirer un air pas inutilement pollué par des moteurs trop gloutons. Des libertés un peu plus fondamentales que celle de toiser de haut les autres usagers de la route…

A moins d'être un égoïste totalement dépourvu de conscience et d'empathie, on ne peut pas décemment refuser cette initiative. La preuve: le soutien involontaire de MM. Christophe Darbellay, Léonard Bender, Jacques-André Haury et John Dupraz! (vérifiez ici) Dommage que leur engagement ne dépasse pas l'envolée lyrique ponctuelle...

Merci les Jeunes Vert-es pour votre vision politique, vos idéaux, votre élan qui peut changer cette société qui fonce dans le mur!

Chères lectrices, chers lecteurs, je vous invite à les soutenir et à signer leur initiative. Cela nous donnera au moins l'occasion de voter à ce sujet d'ici quelques… années.

28 octobre 2007

Ecologie de droite: déjà la fin des promesses?

L'appel d'Ecologie libérale à voter pour les deux candidats de la Droite dure anti-écolo est consternant.

Totalement irrationnel, en complet désaccord avec les principes de défense de l'environnement, ce choix qu'on qualifiera de "pragmatique" vaut-il en substance ce que valent les promesses environnementalistes de la Droite? On peut le craindre.

Car comment comprendre que le mouvement d'Isabelle Chevalley se rallie ainsi à ceux qui défendent l'exact opposé de ses positions (pro-nucléaire, pro-OGM, anti-taxe sur le CO2, anti-contraintes environnementales telle que Minergie) ? Ce retour dans le rang fleure bon la négociation dans laquelle les idéaux écologistes sont passés à la trappe; et c'est bel et bien cela qui se passe chaque fois que la Droite empoigne une proposition verte: manque de vision, manque de volontarisme, retour au "réalisme" du "on ne peut pas changer les choses comme ça" et du "ça coûterait trop cher". Bref: on ne fait rien.

Si c'était ça, la promesse d'une écologie de droite, ça ne valait pas la peine de faire tout ce bruit. La moindre des choses aurait été de s'abstenir de mot d'ordre. Enfin tant pis, ou plutôt tant mieux pour les électeurs désillusionnés qui savent désormais mieux à quoi s'en tenir.

Circulez, il n'y a rien à voir. Et merci quand-même à Isabelle d'avoir essayé...

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