24 Heures

07 novembre 2008

Il y a trop de gens en prison: supprimons la police

Il est des raisonnements aberrants qu'on ferait mieux de s'abstenir de tenir. Evidemment que si on trouve qu'il y a trop de gens en prison, prendre la police pour la cause du problème est parfaitement stupide. On ferait mieux de s'attaquer aux sources du problème: éduquer, prévenir, offrir des perspectives de vie décente etc, ou adapter la réglementation (dépénaliser ce qui est inutilement pénalisé, suivez mon regard).

Mais ce n'est pas du cannabis que j'ai envie de parler.

Je reviens à cette initiative des radicaux zurichois. Il y a trop de projets bloqués par les défenseurs de l'environnement: supprimons le droit de recours.

Comment expliquer aux radicaux que la source du problème est dans le fait que les promoteurs négligent trop souvent les aspects environnementaux lors de la conception de leurs projets? Appliquer le droit n'est pas le problème!

Les associations n'ont d'ailleurs pas attendu les reproches pour saisir le taureau par les cornes: leur travail d'information et leur rôle de partenaire lors de l'élaboration de certains projets est de plus en plus reconnu et apprécié. C'est comme ça qu'on réduira l'usage des recours et que toutes les parties y gagneront.

L'excellent article de MM. Tanquerel et Flückiger, paru dans Le Temps du 5 novembre 2008, explique les faits suivants:
- Il n'y a que 6.8 recours d'associations jugés au TF par an. On ne peut pas dire que ce soit exorbitant.
- Le taux de succès des organisations environnementales est de 61%, alors qu'en moyenne les recours sont acceptés à 19%. Elles font donc opposition le plus souvent avec raison.
- Le droit de recours "permet d'appliquer efficacement le droit de l'environnement, tout en minimisant l'intervention de l'Etat et les coûts d'exécution". Le comble est qu'il est combattu par les tenants du moins-d'Etat.
- Cette initiative "utilise un critère arbitraire" qui fait entorse à l'Etat de droit. Son verni pseudo-démocratique doit être dénoncé.

En définitive, rejetons avec fracas le raisonnement aberrant des radicaux zurichois, votons NON à la quasi-suppression du droit de recours des associations.

06 octobre 2008

Centrale à gaz des SIG: pas de dogmatisme SVP

En mai de cette année, je titrais "Les Radicaux genevois s'opposent à un projet de développement" et tirais à boulets rouges sur leurs contradictions, citant leur opposition au projet de centrale à gaz des SIG, à leurs yeux "pas assez écolo", et l'initiative radicale anti-droit de recours des associations.

Alors là je dois tirer mon chapeau aux Radicaux genevois qui ont décidé de s'opposer à cette initiative obscurantiste. Bravo! Voilà qu'ils se démarquent clairement de leurs camarades restés au 20e siècle, et c'est encourageant de voir un parti de droite moderne capable d'envisager une économie à la fois forte et respectueuse de l'environnement.

En revanche, je dois critiquer les mêmes Radicaux et les Verts genevois pour leur opposition au projet de centrale à gaz des SIG. De la pseudo-écologie et une erreur dogmatique regrettable.

Comme le dit M. Roch, ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement et membre du PDC: ce projet est objectivement bon pour le climat et la qualité de l'air en ville. Je le félicite pour sa prise de position et je partage son analyse, que j'appuie en tant que professionnel de la quantification des impacts environnementaux.

SVP, camarades Vert-es du bout du lac: ne vous enfermez pas dans une position de principe par dogmatisme. Ce projet doit être complémentaire à une stratégie de réduction de la consommation électrique et de conversion vers le tout renouvelable. Mais le marché de l'électricité est ouvert en Europe. Il y a au moins 1000 centrales européennes qui mériteraient d'être fermées avant de considérer l'arrêt d'une centrale à cogénération à gaz. Si celle des SIG n'est pas construite, alors les Genevois achèteront un peu plus d'électricité au charbon.

26 septembre 2008

Mme de Quattro va-t-elle doubler le budget du SESA, du SEVEN et du SFFN?

Mme de Quattro, Conseillère d'Etat en charge de la sécurité et de l'environnement, fait partie de la présidence élargie du comité d'initiative contre le droit de recours des associations (initiative radicale anti-environnement).

Se rend-elle compte à quel point les services cantonaux dépendent du travail que font les associations pour faire appliquer le droit environnemental? Un travail que les associations font gratuitement et que les services concernés apprécient, car ils seraient incapables de le mener à bien avec leurs moyens actuels! Mme de Quattro a-t-elle seulement consulté ses services à ce sujet?

Je déplore le mépris avec lequel les associations sont traitées par les initiants. Alors que c'est la droite de ce pays qui a voulu que la surveillance du droit environnemental suisse, alors naissant dans les années 70, ne coûte rien à l'Etat et soit donc confiée à des organisations de la société civile, aujourd'hui c'est la même droite, celle qui a complètement manqué le virage du développement durable, qui demande pratiquement d'abolir le pouvoir conféré aux associations! Car il ne faut pas se leurrer, il s'agit bien de cela: le but est de pouvoir contourner, ni plus ni moins, la législation environnemental, à défaut de pouvoir l'abolir.

Mme de Quattro ne peut pas prétendre être moderne, aux commandes de l'environnement à l'Etat de Vaud, guidée par une vision développement durable, et soutenir une initiative aussi rétrograde.

Aussi, je demande aux Radicaux: êtes-vous prêts à accorder les moyens supplémentaires indispensables au SESA, au SEVEN et au SFFN en cas d'acceptation de l'initiative? La responsabilité de votre représentante à l'Etat est engagée.

Enfin, je répète encore ici que les emplois bloqués par les (très minoritaires) recours écologistes ne représentent rien par rapport à ceux qui pourraient être créés en favorisant le développement local des énergies renouvelables et les investissements d'efficience énergétique. Ce discernement serait très profitable à une croissance économique environnementalement saine dans notre canton. Mais qui donc bloque les emplois?

17 mai 2008

Les Radicaux genevois s'opposent à un projet de développement

Les Radicaux suisses maintiennent, par contre, l'initiative contre le droit de recours des associations utilisé contre les projets de développement.

Voyons cela de plus près.

Les Radicaux dénoncent l'attitude des associations qui "empêchent tout développement". Attitude consistant à faire systématiquement, selon eux, opposition à tout projet en raison de ses diverses atteintes: à la qualité de l'air, aux équilibres thermiques des rivières (rejet d'eaux de refroidissement), ou dues à l'usage de substances polluantes, etc.

Les Radicaux préfèreraient qu'on puisse favoriser la croissance économique en faisant du "développement". Avant les élections de l'année passée, ils ajoutaient l'adjectif "durable", mais aujourd'hui ce n'est plus la peine.

Maintenant, à Genève, c'est amusant: les Radicaux s'opposent à un projet de développement au Lignon: celui d'une centrale chaleur-force à gaz (donc qui permet de produire de l'électricité et de valoriser la chaleur résiduelle). Ce type de centrale est le moins mauvais possible parmi les systèmes utilisant une ressource fossile. Mais évidemment, il n'a pas les avantages du renouvelable.

Ils s'opposent au projet pourquoi? Parce qu'il porte atteinte à la qualité de l'air des Genevois et à l'équilibre thermique du Rhône, et nécessitera l'usage de substances polluantes!

Permettez-moi de me gausser une fois de plus du manque de cohérence du PRD, qui décidément ne sait plus où il va, ce qu'il fait, à qui il s'adresse. Mais surtout de souhaiter l'arrivée du PRD au 21e siècle: nous avons besoin en Suisse d'une droite respectable forte et moderne, défendant une économie environnementalement saine. Vivement du renouvellement au sein du vieux parti...